La Cité de l’Accordéon

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Nuits de Nacre 2010

MUSETTE MÉTISSE

Nuits de Nacre 2010 : du 16 au 19 septembre
Retrouvez les concerts chaque jour :

  • jeudi 16/09/2010
  • vendredi 17/09/2010
  • samedi 18/09/2010
  • dimanche 19/09/2010

Vous retrouvez aussi :

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Musette Métisse

Musette … MUSETTE : mais c’est quoi ? – une cornemuse, une danse théâtrale, un sac en toile, une musaraigne, une petite muse ?

Non, le musette, fait partie de ces rares mots qui drainent des fantasmes de paillettes, de boule à facettes, de bords de Marne, qui fait rêver et qui, tout à la fois, inspire le dédain, le péjoratif, le vulgos, le ringard.

Connu dans les pays étrangers comme LE patrimoine culturel français, le musette est un genre musical né dans ce Paris cosmopolite de l’influence des différentes cultures apportées par les populations et par les modes.

Le musette puise ses racines au sein des communautés auvergnates et italiennes à la fin du XIXe. Il devient un bal dans lequel on danse au son de la cornemuse ou de la musette auvergnate, d’où son nom de bal à la musette qui devient le bal musette. Chaque communauté défend sa culture et progressivement la bourrée laisse place à la valse chaloupée. L’accordéon devient l’accompagnateur préféré des chanteurs, descend dans la rue et se popularise.

Là où l’accordéon et le violon ont remplacé la musette, là où le chahut a remplacé la bourrée, là aussi le franc rire a été remplacé par le couteau. » Eugène Guitard (Président de l’association La cabrette, janvier 1896).

Les années folles (1919 – 1929) sont fécondes pour le bal musette populaire, pour le guinche, pour la Bastille, pour les descentes de Police, pour les truands, pour la bourgeoisie qui vient fricoter avec le populo. A partir des années 40, le swing musette s’impose avec un répertoire de valses égrenées d’improvisations. Après 1945, le répertoire musette devient la musique populaire par excellence. Certains accordéonistes restent fidèles au musette et à ses origines, d’autres attirés par les lumières vont le starifier drainant une image décalée, cocardière avec un répertoire figé, senteur naphtaline.

« Malheureusement, les jeunes s’en dégoûtent parce que c’est le plus mauvais qu’on entend. Je ne veux pas donner de noms, mais certains se reconnaîtront. D’ailleurs c’est ceux-là qui gagnent le plus d’oseille. Ils ont foutu l’accordéon en l’air avec leurs sonorités à la noix et toujours les mêmes ficelles, on n’en sort plus » Jo Privat

Une clientèle, des codes, un accordéon à vibrations, un brassage culturel, un métissage avec le tango argentin, le paso doble espagnol, la java, la mazurka, la salsa, le charleston puis à partir des années 30, la rumba cubaine, la biguine antillaise…

Nous sommes aux racines de la Rave Party Musette : un lieu inhabituel, pour délirer, divaguer ou s’extasier, qui dégage des images du laboratoire de l’humanité (continuité/changement, tradition / mutation), de répertoires, d’une musique de minorité à contre-courant, d’une gestique de musicien-vedette.

Le musette dérange, il est gênant : il est facteur d’acculturation et d’intégration de communautés, de minorités, de sociologies, d’esthétismes, il est le résultat d’une immigration passée, de revendications, d’expressions de différences. Il refuse l’uniformisation du goût. Il s’intègre, devient caméléon. Il évolue, se métamorphose, fuse et se diffuse. Il devient new musette, rock musette, klezmer, tsigane, jazz musette : il est multiple, il est métisse.

Le musette est avant tout une aventure humaine métissée par les histoires, les cultures, une tradition urbaine, un puzzle compliqué avec toutes ses influences.

Accordéons mosaïques.

Laurence LAMY

Directrice

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